A la mémoire des moussyacois Morts pour la France

La commune de Moussy compte deux civils “Morts pour la France” lors de la 2ème guerre mondiale. En effet, le village fut cruellement touché par le bombardement survenu le 10 juillet 1944 à 6 heures du matin, détruisant totalement certaines maisons, l’église en très grande partie, endommageant le château, soufflant la toiture de la mairie, défigurant plaines et vallées et faisant deux victimes :

  • Maurice SEHEUX
  • Henri GROULT

La commémoration du centenaire de la 1ère guerre mondiale a été l’occasion de réaliser quelques recherches dans les archives d’état civil de la mairie qui ont débouché sur la découverte de deux actes de décès sur lesquels l’annotation “Mort pour la France” apparaissait sur chacun des documents :

  • Antoine ROUDET (1919 – Belgique)
  • Alphonse-Auguste PARIS (1921 – Turquie – armée du « levant »)

Des recherches très récentes et plus précises dans les archives de l’état civil de la mairie mais également aux archives militaires de Seine-et-Oise, ancien département qui correspond aujourd’hui aux 3 départements de la grande ceinture Parisienne : Yvelines, Essonne et Val-d’Oise (78,91 et 95), ont permis d’exhumer des noms de soldats morts durant la 1ère guerre mondiale et de préciser les éléments sur la raison du décès de ceux déjà connus.

 La commune de Moussy dénombre donc 4 soldats et 2 civils “Morts pour la France”.

1ère guerre mondiale

  • BOHEC Louis Marie 20/02/1918 mort à Moncel-sur-Seille (54)
  • GOUBERT Paul Arthur 27/10/1915 mort à Salonique Grèce
  • ROUDET Antoine 14/02/1919 mort à Bouillon Belgique
  • PARIS Alphonse-Auguste 08/04/1921 mort à Adana Turquie – armée du « levant »

2ème guerre mondiale

  • Maurice SEHEUX
  • Henri GROULT

A ces “Morts pour la France”, il convient de rajouter 9 hommes revenus vivants de la 1ère guerre mondiale, 1 au moins (prisonnier de guerre) de la seconde et 2 de la guerre d’Algérie.

Six habitants de la commune  ont été oubliés dans toute commémoration. Il parait donc normal d’œuvrer pour réparer cet oubli historique.

C’est dans cette volonté qu’en 2014, le conseil municipal a souhaité commémorer le centenaire de la 1ère guerre mondiale dont le 11 novembre est devenu en 2012, la journée du souvenir pour saluer les victimes de tous les conflits, que ce soit celles de la seconde guerre mondiale, celles tombées en Indochine, en Algérie ou sur d’autres champs de bataille.

En effet, une cérémonie a eu lieu le 11 novembre 2014. Une plaque commémorative a été inaugurée ce jour-là pour rappeler qu’au nom de la paix, dans la souffrance physique et morale, des enfants de la commune ont payé de leur personne et parfois de leur vie.

A l’occasion de cette commémoration l’arbre dit de la « liberté » fut planté. La floraison de cet Heptacodiaum appelé également « la fleur aux 7 fils » a lieu à l’automne et ses fleurs, symboles de vie, semblent souffler sur la flamme du souvenir. Tout un symbole.

Depuis cette date, la commune commémore chaque année le 11 novembre.

Dans l’unique classe de l’école communale, aujourd’hui en partie bureau du maire, une plaque commémorative est accrochée au mur. On peut y lire : En hommage Aux instituteurs de Seine-et-Oise, aux enfants de la commune, morts pour la patrie, le département, 1914 1918. Cette plaque est présente sur bon nombre de façades d’écoles de l’ancien département de Seine-et-Oise.

Longtemps la raison de la présence à Moussy de celle-ci fut un mystère (enfin pour certains…) mais celui-ci est désormais peut-être levé.

En effet, le département de Seine-et-Oise avait voulu honorer par la pose de cette plaque, la mémoire des instituteurs morts à la guerre.

Antoine Roudet
Antoine Roudet

Parmi les 4 soldats morts lors de la 1ère guerre mondiale, figurait Antoine Roudet (photo ci-contre), né le 08-03-1883 à Merlines (19 – Corrèze, France), mort le 17 avril 1920 à l’âge de 29 ans à Bouillon, en Belgique, des suites de maladie contractée en service. Antoine exerçait la profession d’instituteur (comme le stipule l’acte de transcription).

Ces informations ont été croisées avec d’autres sources et il apparaît qu’Antoine était l’instituteur de l’école de notre village à cette époque.

En témoigne l’acte de naissance de la petite Gisèle Roudet, retrouvée dans les archives de l’état civil de la mairie, née à Moussy le 29 mars 1914 à dix heures et demie du matin, de Antoine Roudet, instituteur public et de Eugénie Adeline Moisson, son épouse, domiciliés en cette commune…

Nota : La maladie contractée en service qui a occasionné sa mort est la grippe. Cette précision figure sur l’acte de décès. Il s’agissait vraisemblablement de la grippe espagnole qui sévissait alors en Europe.

Une obligation morale

La loi de février 2012, précise que “lorsque la mention Mort pour la France ” a été portée sur l’acte de décès, l’inscription du nom du défunt sur le monument aux morts de sa commune de naissance ou de dernière domiciliation ou sur une stèle placée dans l’environnement immédiat de ce monument est obligatoire”.

Par ailleurs le soldat Alphonse-Auguste PARIS mort le 8 avril 1921 est enterré au cimetière communal. Sa tombe est en mauvais état et est à l’abandon. Celle-ci n’est plus entretenue et la mairie n’a pas connaissance de la présence de membres de sa famille. Une plaque « Mort pour la France », elle aussi en mauvais état, est posée sur le monument.

Plaque commémorative

Au-delà de la loi, le conseil municipal souhaite rendre hommage à ces personnes. Un dossier de demande de subvention va être constitué pour permettre la réalisation d’une stèle ainsi que d’une plaque commémorative et faire rénover la tombe du soldat PARIS enterré au cimetière communal.

Lors de se dernière réunion en date du 8 juin dernier, le conseil municipal a délibéré dans ce sens.

Le ministère des armées sera sollicité ainsi que l’association le Souvenir français et la préfecture au titre d’une demande de DETR.